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                      - La baguette -

 

 

Et voila que ça recommence. Encore une fois. Après l'enfer de la nuit, le jour me ramène à la vie. Pourquoi ? Laisse-moi donc tranquille. Au diable les convenances et les sourires forcés. Dégage. Abandonne-moi sur le bas côté de ce chemin tout tracé. J'ai plus envie. Tu me gonfles. Ouais, j't'emmerde la Vie ! 

Non mais c'est vrai quoi... Stop ! Je vais te servir à quoi ? Que je sois là ou pas, ça va changer quelque chose ? J'ai trente cinq piges au compteur, pas de boulot, ma meuf vient de me quitter et je passe mon temps à picoler et à écrire des conneries sur ce foutu blog que personne ne lit. Bah putain, si pour toi c'est symbole de réussite alors je suis champion toutes catégories. Dis à la Mort de s'occuper de moi. J'ai même pas le courage de me foutre en l'air merde ! Puis tout le monde y est gagnant. Vous laissez tranquille deux gamins de dix-sept ans pour prendre ma carcasse de trentenaire raté. Vendu ?! 

J'suis sorti ce matin pour acheter une baguette. La boulangerie de mon quartier vend du pain dégueulasse mais j'ai même pas la force ni l'envie d'aller plus loin. Je me contente du minimum. J'ai pas été élevé comme ça mais faut croire qu'à vouloir me démarquer de ma famille, j'en suis devenu comme pour la photo, le négatif. Sombre image de ma vie. Mes lunettes de soleil aux verres fumés sur la tronche j'ai déambulé dans ma rue jusqu'à mon point d'arrivée. Cent longs mètres. Une torture pour mon corps fatigué allergique au sport. Dans un souffle court j'ai demandé à cette vieille peau de vendeuse une baguette pas trop cuite. La flemme de mâcher. Pas un sourire. Rien. Je suis reparti... 

C'est quand même bien con pour un mec qui écrit de raconter l'achat d'une baguette. C'est moche. Vide. Comme mon imagination. Comme ma nana, elle m'a quitté. Envolée cette conne. Heureusement, j'ai ma bière. Un peu tiède. Et ma baguette. Repas de qualité. Pour une fois il y a du solide. J'aurai un truc à gerber comme ça. C'est toujours plus agréable de vomir autre chose que du liquide. Tu le vois ce moment où tu n'as plus rien à vomir ? Cet instant où seul de la bile acide sort de ta gorge... ? Ben ma vie a ce goût là... 

Il fait horriblement chaud dans mon appartement. Je sue de la mélancolie. Ma peau pleure. Nu, enfoncé dans mon canapé usé j'essaie de me branler... J'ai envie de me rappeler l'espace de quelques secondes la définition du mot bonheur. Mais là aussi, comme le moral, c'est en berne. Je m'ouvre alors une nouvelle bière. Elle ne me rafraîchit même pas. Je suis sec à l'intérieur. Ce n'est pas encore aujourd'hui que je vais mourir. J'attrape la baguette, aussi molle que ma queue, je croque dedans... Je ferme les yeux pour oublier. Mais putain que ce pain est dégueulasse...  

 

 

L-ios

 

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