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Jour 386 : La vie est un cahier de coloriage

Le ciel est passé sans prévenir du bleu au gris. De fines gouttes transparentes se sont mises à tomber. Le sol, en même temps que mes idées, s'est lui aussi assombri au contact de l'eau. J'ai pensé à une partie de paintball où l'on tire sur une personne en combinaison blanche. Les billes de couleur éclatent et rendent celle-ci multicolore. Là les gouttes ont explosé sur le sol. Sans couleur. J'ai fait grise mine...

Sur le chemin j'ai croisé deux types qui avaient une discussion animée. L'un reprochait à l'autre d'avoir dit " noir " pour décrire un homme qu'ils connaissaient tous les deux et expliquait qu'il fallait dire " homme de couleur ". Incompréhension entre les deux. Le débat s'est envenimé. L'un a vu rouge, l'autre est devenu blanc comme un linge. Résultats des courses : des bleus pour l'un, un œil au beurre noir pour l'autre. Pas très clair cette histoire quand même...

J'ai continué à avancer en me faufilant entre les gouttes. En voyant les fleurs fanées posées sur le rebord d'une fenêtre je me suis dis que la personne à qui elles appartenaient ne devait pas avoir la main verte. Du coup, perdu dans mes pensées, je n'ai pas fait attention à l'homme qui était assis par terre. Je me suis entravé dans ses jambes et en ai vu de toutes les couleurs pour me rattraper. Remis sur pieds je me suis excusé rouge de honte. C'est là que j'ai vu la boisson à sa main. Pas vraiment du jus d'orange... L'homme était ivre. Il a tenté de me dire quelque chose. Je n'ai rien compris. Ses yeux vert-bouteille laissaient poindre sa tristesse. Il broyait du noir à coup sûr. J'ai voulu poser quelques pièces jaunes dans le gobelet à côté de lui. Rien sur moi. Seulement ma carte bleue. J'ai esquissé un sourire gêné. Il m'a regardé, et a ri jaune. J'ai tracé ma route...

​Arrivé devant chez moi, j'ai ouvert la grande porte marron. Dans le couloir menant à mon appartement j'ai entendu mon vieux voisin qui mettait un vinyle sur sa platine. La vie en rose d'Edith Piaf. Ces quelques notes de musique contrebalançaient allégrement avec ce que j'avais vu quelques secondes plus tôt. Là, arrivé, ma copine m'attendait en cuisine. C'est un vrai cordon bleu... Nous avons mangé et bu du vin blanc. Les yeux rouges de fatigue nous sommes allés nous coucher. Je lui ai dit les mots bleus. Elle a sourit en éteignant la lumière. Il a fait noir... Fin de l'histoire.

L-ios

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